mardi 7 janvier 2014

L’écrivain fantôme, Zoran Živković, Galaade


"Bien plus que par le nom de l'auteur, la paternité d'une oeuvre est déterminée par la manière d'écrire. Laquelle est comme une empreinte digitale, et il n'y a pas deux empreintes digitales identiques. On devinerait facilement qui se profile derrière ce roman."

Est-on capable de reconnaître un auteur en lisant seulement quelques lignes, quelques vers, illuminer son visage d'une conclusion holmésienne:" Mais bien sûr, c'est lui! " ? Si un auteur écrivait sous pseudonyme ou sous le patronyme d'un autre auteur, saurait-on déceler sa verve, son style, son rythme? 
Sous le regard de son chat Félicien, ce sont toutes les certitudes d'un écrivain qui vont être mises à mal lorsque cinq correspondants le harcèlent par mail. 
Le premier, un "admirateur secret", requiert ses services pour écrire un roman. Mais ici point de conseils d'écriture. Il lui demande tout simplement d'écrire un roman dont il s'attribuerait la paternité. Si le métier de ghost-writer existe depuis des siècles, visiblement cet écrivain-là n'envisageait pas d'emprunter cette branche un jour. A peine le temps de répondre que le tintinnabulement des sonneries annonçant l'arrivée de nouveaux mail se fait entendre. "Hautemer", écrivain narcissique et jaloux, le harcèle sur la question du pseudonyme en littérature. "Banana", qui lui envoie tous les mercredis le récit de ses rêves de la veille qui, pensent-elle, forment la trame d'un roman en devenir, le sollicite pour en écrire le chapitre final qui relierait ces éléments disparates entre eux et formerait un tout sensé." P-0", habitué à écrire des pastiches des nouvelles de l’écrivain le presse d'en produire d'autres pour continuer à alimenter sa source d'écriture. Enfin, "Pandora", une voisine âgée, implore de pouvoir lire à son chien mourant un roman dont il serait le héros, roman rédigé de la main de... vous devinez qui...
Vexé, énervé, furieux, l'écrivain sent un complot se former contre lui. Les réponses, au départ, pleine de diplomatie deviennent vite plus sèches, quand il ne tente pas de faire taire le correspondant en omettant de lui répondre. C'est sans compter sur l'acharnement de ces entités mystérieuses. 

Roman étrange possédant toutes les qualités pour séduire: un chat et de la littérature. On s'interroge avec l'écrivain sur ce qui constitue la paternité d'une oeuvre. Zoran Živković, auteur serbe, prend le parti de l'humour pour aborder ce thème séculaire, et le lecteur ne peut en sortir que satisfait, lui au moins, sait qui il est!




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